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Acrylique sur toile (197cm / 140cm) - Réalisation (2007)
Technique mixte (248 cm / 300 cm) - Réalisation (2006)
Cette pièce, exposée de juin à novembre 2006 au Parc de Champagne de Reims, fut réalisée dans le cadre d'un projet sur le thème de l'épouvantail. Le thème de l'épouvantail, m'a immédiatement tournée vers les problématiques engendrées par les conséquences de la fabrication de pesticides et des manipulations génétiques mises en oeuvre pour l'unique intérêt de la productivité agricole. Le choix du moustique se voulait, pour moi, une réponse en écho à la vague médiatique que souleva le virus du Chicungunya dont la cause incertaine, laissait planer le doute au sujet d'une mutation de virus d écoulant de manipulations génétiques. Ainsi, menaçante, cette grande créature issue de l'hybridation du moustique et de l'homme, surplombait l'espace, faisant planer la promesse d'un dramatique retournement de situation. Mais cette chimère évoquant l'imagerie de la mort qui traversa les siècles, se réfère surtout à l'imagerie des films de Tim Burton où les personnages, bien que d' allure macabre sont finalement plus sympathiques qu'inquiétants. Ce choix produit ainsi une sorte de mise à distance, colorant cette pièce d humour grinçant.
Réalisation (2007)
L'intention, dans cette vidéo était d'exprimer un état anorexique, sans le représenter par l'atteinte réaliste de son idéal visible: la maigreur. Cette vidéo n'évoque pas un rapport au corps, par sa maîtrise drastique, mais il touche à l'essence de certaines formes d'anorexie mentale: le désir obsessionnel de faim. "La pensée se dissout en assouvissement, la consommation charnelle absorbe tout... le ventre mange l'homme. Etat final de toutes les sociétés où l'idéal s'éclipse". Ces mots de Victor Hugo, pourraient résonner en ce personnage immobile, dont le reflet se révèle lentement à nous. Pour l'anorexique, un ventre repu corrompt la "pureté" de l'esprit, et l'endort, d'un sommeil sans rêve. Dans le processus l'anorexie mentale, la faim a le pouvoir de re dessiner l'illusion d'un idéal, à celui qui a le malheur de l'avoir perdu. La faim volontaire, appréhendée de manière plus ou moins lucide, comme une drogue, se déploie sournoisement à mesure que la sensation d'ivresse qu'elle procure, s'évapore... s'en suit une course sans fin vers cet idéal qui recule... Une course mentale qui se traduit par la contemplation perpétuelle, immobile, et impuissante devant le miroir... Les yeux de ce personnage sont remplacés par le nombril: point de jonction formelle entre le regard et le ventre, entre l'esprit et l'objet de son obsession. L'aspect du nombril confère à ces "yeux", un mouvement d'aspiration, vers l'intérieur, traduit par le chant organique d'un corps affamé. Au cours du temps, les transformations que subissent ces spasmes psalmodiés, sont vouées à transposer l'idée d' "évaporation" du personnage, et placent le spectateur dans un contexte auditif proche de celui d'un malaise vagal. Cette vidéo revisite d'une certaine manière le mythe de Narcisse et, par la métaphore, révèle une des facettes de l'anorexie où, plus que jamais, "le ventre mange l'homme"